Emprunté de l'américain,
gay peut se traduire par "insouciant", "heureux" ou "lumineux et
voyant" mais dans son acception moderne, le mot, utilisé aussi bien
comme nom ou comme adjectif, désigne la communauté homosexuelle. A
l'origine gay est l'abréviation de "Good As You" qui est tratuit par
"aussi bien que toi".
En tant que nom (les
gays), le terme désigne presque exclusivement les homosexuels
masculins, alors qu'utilisé en adjectif, il qualifie ce qui ce rapporte
à la culture et aux modes de vie des homosexuels hommes ou femmes (une
icône gay, un bar gay...), contrairement à lesbien qui
ne s'applique qu'aux femmes qui aiment les femmes.
Gai(s), gaie(s)
est la forme standard au Canada (utilisé parfois aussi en France, en
Belgique et en Suisse) : les gais et lesbiennes, la communauté
gaie, un bar gai. Cette forme, elle aussi, désigne plus
souvent les hommes gais, bien qu'une femme puisse se décrire comme étant
gaie, le mot lesbienne est plus courant.
Le terme gay portant
moins de connotations péjoratives qu'homosexuel, au départ propre
au vocabulaire médical, il est souvent préféré par les homosexuels
discutant entre eux, lesquels se servent aussi de termes comme folle,
pédé ou simplement homo. Les termes folle ou pédé ont
toutefois habituellement une connotation très péjorative, principalement
lorsqu'ils sont utilisés en dehors de la communauté homosexuelle. Pour
cette raison, de nombreux gays refusent de les utiliser. En français le
mot pédé est lié à pédérastie ou même, pour beaucoup de
francophones, à pédophilie; cet particularité renforce encore plus la
connotation négative de pédé.
Il faut noter que, en
France ou dans les autres pays francophones européens, le terme ne
désigne pas forcément tous les homosexuels mais particulièrement ceux
qui font partie du « milieu » en manifestant d'une manière ou une autre
leur homosexualité, que ce soit par la fréquentation des lieux gays à la
mode (bars, restaurants, boîtes de nuit gays), un habillement
spécifique, etc. Gay renvoie à une « culture » homosexuelle
commune. Certains homosexuels, qui se disent « hors milieu », refusent
cependant l'étiquette gay, souvent porteuse de stéréotypes,
surtout ceux véhiculés par les médias.
L'attitude gay, ou « gaytitude »,
est souvent liée à la fierté et la revendication de son homosexualité
(ou du moins à l'absence de honte de son homosexualité), qui se
manifeste par exemple lors de défilés de la Gay Pride.
Dans certaines cultures,
le terme gai (gay) s'adresse très péjorativement uniquement aux
homosexuels « passifs ». Ainsi, au Mexique entre autres, l'homosexuel
qui est sodomisé est appelé un « gai », alors que celui qui le sodomise,
celui qui est « actif » donc, conserve toute sa dignité de « macho » aux
yeux des mâles hétérosexuels.
On distingue parfois 3
principales types de pratiques homosexuelles. Le terme « top » ou
« actif » désigne le plus souvent l'homme qui sodomise, ainsi que « bottom »
ou « passif » celui qui se fait sodomiser. Il existe aussi un terme pour
désigner l'homme qui fait les deux, on dit « versatile » (voire
« autoreverse », en argot), donc il sodomise et se fait sodomiser. Ces
termes cependant, désignent plus des pratiques que des individus, même
si certains gays se catégorisent ainsi. Par ailleurs, ces pratiques sont
celles centrées autour de la pénétration, il existe de nombreuses autres
types de pratiques sexuelles.
Il est à noter également
que le terme gay est péjorativement utilisé aux États-Unis pour
désigner quelque chose de ringard ou de très édulcoré. Ce terme
vient de l'association d'idées que beaucoup d'homosexuels se passionnent
pour des icônes ou des phénomènes de mode qui n'ont pas les faveurs des
milieux hétérosexuels. Par extension, le terme gay est de plus en
plus souvent usité avec une connotation négative, tel un jugement de
valeur (anglais: it's gay - français: c'est nul).
Cette dérive du langage peut choquer des personnes homosexuelles qui le
ressentent tel un terme discriminatoire. Depuis quelques années, cette
expression a migré au Québec chez les jeunes qui l'utilisent exactement
de la même façon. «T'es gai!» ou «C'est [ben] gai!»
L'inclusion des bisexuels
sous la rubrique gay fait l'objet d'un débat (voir à
Bisexualité).
Gaydar
Le gaydar est la capacité
que possède un individu pour déterminer si quelqu'un est "gay". En
anglais, le mot gaydar est un mot-valise formé à partir de "gay"
et "radar". Cette capacité est basée sur beaucoup de facteurs, y compris
l'habillement, la parole, ou la durée de contact visuel avec
l'observateur. Aussi bien en espagnol on dit "entender".
Homosexuels ou bisexuels célèbres
- Claude Le Petit,
Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, poètes.
- Marcel Proust, André
Gide, Oscar Wilde, Raymond Radiguet, Louis Aragon, Henry de
Montherlant, Abel Hermant, écrivains.
- Abel Bonnard, poète,
romancier et homme politique.
- Jean Cocteau, poète,
dessinateur, auteur de théâtre, cinéaste.
- Jean Marais, acteur.
- Anthony Perkins,
acteur.
- Piotr Ilitch
Tchaïkovski, compositeur.
- Dave, chanteur.
- Louis II de Bavière,
roi de Bavière.
- Édouard II
d'Angleterre, roi d'Angleterre.
- Louis Hubert
Gonzalve Lyautey, militaire français.
- Leonard Bernstein,
musicien.
- Luchino Visconti,
cinéaste.
- Jean Guidoni,
chanteur.
- Jacques Charon,
comédien.
- Pascal Sevran,
chanteur, animateur.
- Elton John,
chanteur.
- André Boisclair,
Bertrand Delanoë politicien.
- Lance Bass, chanteur
(ex-N'Sync), acteur.
- Marcel Carné,
réalisateur.
- Laurent Ruquier,
animateur
- Marc Olivier Fogiel,
animateur
Luttes pour la reconnaissance des droits des
homosexuels
Canada et Québec
- 1960-1970 : le
projet de loi Omnibus du ministre de la justice du Canada, Pierre
Elliott Trudeau (PET), décriminalise la sodomie entre adultes
consentants. « L'État n'a pas à s'immiscer dans la chambre à
coucher » avait déclaré le ministre qui deviendra quelques mois plus
tard premier ministre du Canada.
- 1977 : La Charte des
droits et libertés de la personne du Québec est amendée. Désormais,
il est interdit de faire de la discrimination basée sur
l'orientation sexuelle. Il s'agit de la première loi au monde qui
interdit ce genre de discrimination dans les secteurs public et
privé (à part quelques villes et comtés des É-U). La Charte interdit
la discrimination dans l'emploi, le logement, certains services et
autres activités. Elle ne s'applique pas aux activités qui sont du
ressort du fédéral.
- 1980-2000 :
plusieurs jugements forcent le Gouvernement du Canada à reconnaître
le droits des homosexuels notamment en ce qui regarde les droits des
conjoints survivants et aux droits aux prestations de retraite des
conjoints de même sexe. Les groupes se battant pour la
reconnaissance des droits de gais sont de plus en plus visibles et
la marche divers-cité, basée sur le modèle des défilés de la
'gay-pride', attire chaque année des foules considérables. Le SIDA
fait de nombreuses victimes chez les hommes homosexuels et la
communauté doit se mobiliser pour forcer l'État à mettre sur pied
des services de soins appropriés. La Cour suprême du Canada confirme
que la discrimination basée sur l'orientation sexuelle est interdite
par la Charte canadienne des droits et libertés.
- 2000-maintenant : De
plus en plus de personnages publics (députés, sénateur, ministres,
animateurs de télévision) font leur « coming-out ». D'un autre côté,
des études démontrent que les adolescents qui découvrent leur
homosexualité se suicident davantage que les autres garçons de leur
âge. Il est cependant difficile de déterminer si ce phénomène est dû
à l'attitude de l'entourage, ou s'il est une réaction à une identité
vu par certains homosexuels comme honteuse ou anormale en dehors de
toute pression familiale ou professionnelle. Les couples gais
peuvent maintenant adopter des enfants et la filiation
homo-parentale est maintenant reconnue. Le Québec institue l'union
civile, sorte de mariage avant la lettre mais cette institution est
contestée. Les dispositions légales interdisant à deux hommes ou à
deux femmes de se marier au même titre qu'un homme et une femme sont
vigoureusement contestées. Les Cours d'appel de la
Colombie-Britannique, de l'Ontario, du Québec puis d'autres
provinces déclarent la loi fédérale anticonstitutionnelle. Le
Parlement fédéral vote finalement la loi sur le mariage civil sans
distinction quant au sexe à l'été 2005. À l'automne 2006, un nouveau
vote a été tenu au parlement fédéral à savoir si le débat sur les
mariages entre conjoints de même sexe devrait être ouvert à nouveau.
Battu, ce vote met fin à tous débats sur la question, le mariage est
là pour rester.
France
- En France, le
mouvement homosexuel a débuté plus tard, en 1971 avec le FHAR
composé en grande partie de lesbiennes issues du mouvement
féministe. Ce mouvement animé en grande partie par Guy Hocquenghem
ne survivra pas à la fin des années 70.
- L'autre grande date
du combat homosexuel en France, après la pénalisation de
l'homosexualité instaurée par le régime de Vichy et maintenue par De
Gaulle est sa dépénalisation par un ex membre du gouvernement de
Vichy, le président François Mitterrand en 1982.
- Entre 1991 et 1999,
la communauté homosexuelle se battra pour faire reconnaître les
couples de même sexe. Cette reconnaissance de la société sera
partiellement officialisée par la création du PACS le 19 Novembre
1999 après de houleux débats à l'assemblée.
- Gay Pride Française.
Chaque année en Juin est organisée une marche gay en hommage aux
évènements du "Stonewall". C'est le 25 juin 1977 qu'est organisée à
Paris la première manifestation homosexuelle indépendante française,
de la place de la République à la place des Fêtes, en réaction à
l’appel d’Anita Bryant, « tuer un homosexuel pour l’amour du
Christ ». Il y a à nouveau des manifestations en 1979 et en 1980 à
l’appel du CUARH (Comité d’Urgence Anti-Répression Homosexuelle),
contre «les discriminations anti-homosexuelles».
Articles connexes
- Culture gay et
lesbienne ;
- Drapeau
arc-en-ciel ;
- Homosexualité ;
- Homophobie ;
- LGBT ;
- Langage sexiste ;
- Mouvement de
libération gaie
- Village gai de
Montréal